Notre enfance est le lieu où se forme le subconscient.

C’est également là que nous apprenons comment nous traitons les émotions, à quoi ressemblent les relations, comment respecter les limites et d’innombrables autres habitudes et comportements.

Idéalement, nos parents sont deux personnes épanouies qui permettent à leurs enfants d’être vus et entendus comme l’individu unique qu’ils sont. La réalité est que nous vivons dans une culture qui n’enseigne pas la conscience, c’est pourquoi la plupart d’entre nous sont nés de parents inconscients.

Les parents inconscients répètent les mêmes habitudes et schémas qu’ils ont appris. Ils opèrent à partir d’un espace blessé à cause de leurs propres émotions non traitées.

Il est important de comprendre que les parents ne peuvent devenir parents qu’à partir de leur propre niveau de conscience.

Nous ne pouvons donner aux autres que ce que nous avons appris à nous donner nous-mêmes.

La plupart des gens sont confrontés à des « problèmes de communication », des habitudes destructrices (dépendance, auto-sabotage), une confusion identitaire (« Qui suis-je ») et un sentiment généralisé de faible estime de soi.

Chacun de ces problèmes se manifeste différemment, mais ils sont tous liés à une seule chose : un comportement conditionné pratiqué depuis l’enfance.

Certains d’entre vous qui lisent ceci pensent peut-être : « Mon enfance est terminée, il n’y a aucune raison d’y retourner. » Ou « Si c’est dans mon enfance que j’ai appris la plupart de mes mécanismes d’adaptation, je suis foutu. »

Nous avons tendance à être protecteurs et défensifs face à notre expérience d’enfance, mais la vérité est que nous avons une opportunité unique de guérir et de choisir consciemment un comportement différent en tant qu’adultes. Indépendamment de ce que nous avons vécu dans notre passé.

Ce processus est appelé la réparation parentale.

Être parent de soi est l’acte de se donner ce que l’on n’a pas reçu en tant qu’enfant.

Mon enfance a été unique comme celle de chacun d’entre nous. Nous avons tous une histoire particulière. Mes parents ont été très aimants, mais ils ont divorcé quand j’avais cinq ans.

Mon père avait notre garde et ma mère arrivait difficilement à nous voir. J’ai commencé à développer la rebellion, le déséquilibre et la colère.

Je n’avais aucune discipline. J’ai décidé dès mon plus jeune âge à quelle heure je me coucherais, ce que je mangerais, si j’irais au lycée ou pas,  et à quelle heure je rentrerais à la maison. J’ai commencé aussi à manger constamment sans jamais être rassasiée.

Il y avait beaucoup de chaos et d’autorité.

C’est là que mon anxiété a commencé. Cela se manifestait par des troubles de l’alimentation, un manque total de discipline et une fatigue constante.

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Au fur et à mesure que les années passaient, mes dépenses étaient hors de contrôle, je ne comprenais pas comment fixer (ou respecter des limites) et, je développais des maladies immunitaires.

Découvrir la réparation parentale a changé la donne pour moi.

Ce n’était pas la « faute » de mes parents. Cela ne signifiait rien sur qui ils étaient en tant que personnes. Ou combien ils m’aimaient. Ils faisaient de leur mieux avec leur niveau de conscience.

Maintenant, il était temps pour moi de faire de mon mieux avec mon propre niveau de conscience évolué.

Faire de la réparation parentale est notre responsabilité personnelle. N’importe qui peut entamer le processus de réparation. Cela demande du temps, de l’engagement et de la patience. Il n’existe pas de solution miracle. Cela vous obligera à vous présenter tous les jours. Mais cela vous permettra de guérir et de pardonner.

Les 4 piliers de la réparation parentale

Les 4 piliers de la réparation parentale sont :

La discipline, la joie, la régulation émotionnelle et les soins personnels.

En fonction de votre expérience unique d’enfance, certains de ces piliers de guérison seront plus difficiles que d’autres. Pour moi, la discipline était la partie la plus difficile. Mon esprit était en colère. Mon moi d’enfance s’est rebellé. Aucune partie de moi ne voulait se lever tôt, respecter une quelconque autorité ou vraiment faire quelque chose de « planifié ». Il a fallu un processus de deuil de mon passé ainsi que de compassion envers moi-même pour me permettre de voir la discipline d’une autre manière.

Une autre difficulté majeure pour moi était de trouver la joie. La joie est une expérience émotionnelle. C’est le produit de la spontanéité, du jeu, de la créativité et de la pure présence. Ce n’est pas quelque chose que j’ai vécu à la maison.

Une partie de la découverte de la joie consiste à apprendre vos propres passions et intérêts. C’est quelque chose auquel j’ai dû passer du temps à me connecter. J’ai dû réapprendre « moi ».

Des années après le début du processus de réparation, je peux dire que je suis vraiment une personne différente.

Cela m’a apporté beaucoup plus de confiance, d’empathie et d’énergie créative.

Comment commencer la réparation parentale

Voici 5 étapes pour commencer :

1. Respirez : Oui, c’est une étape. Il est facile de se sentir dépassé. La réparation est un processus. Cela ne se produit pas du jour au lendemain. Ce n’est pas quelque chose qui se produit sur quelques mois. Si vous essayez d’en faire trop à la fois, vous serez submergé et retomberez dans vos vieux schémas. Suivez les étapes, n’essayez pas d’en faire trop à la fois.

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2. Respectez une petite promesse chaque jour : cette étape doit être si petite qu’elle semble insignifiante. Vous devez choisir quelque chose qui vous met dans une situation où vous réussirez. Par exemple, vous pouvez vous promettre de vous lever tôt. Rassurez-vous qu’avec votre emploi du temps, vous pouvez le faire tous les jours. Si votre emploi du temps ne vous le permet pas, ce n’est pas un bon choix pour vous. Si vous n’allez pas à la salle de sport tous les jours maintenant, ne promettez pas que vous y irez tous les jours. Quelques bons exemples sont : méditez pendant 2 minutes, faites une petite promenade de 5 minutes  chaque matin, préparez un repas à la maison chaque jour, tenez un journal personnel chaque soir avant de vous coucher. Le temps est ici important : ne choisissez aucune promesse qui dure plus de 10 minutes au total.

3. Dites à quelqu’un en qui vous avez confiance (autre que vos parents) que vous commencez le processus : n’en parlez pas avec vos parents. Ce n’est pas nécessaire et cela peut  être blessant pour eux. N’oubliez pas qu’ils ont fait de leur mieux avec leur niveau de conscience et qu’ils seront probablement sur la défensive si vous en parlez. La réparation est faite pour vous. Si vous avez un partenaire ou un ami proche, faites-lui savoir que vous travaillez là-dessus. Son soutien vous sera utile.

4. Utilisez cette question d’attention et de bienveillance envers soi-même : « Que puis-je me donner maintenant ? ». En tant qu’enfants, nous n’avions pas toujours ce dont nous avions besoin. En tant qu’adultes, nous avons la possibilité de nous donner ce dont nous avons besoin. Lorsque vous ressentez des émotions fortes, posez cette question. Parfois, la solution pour moi est une marche dans un parc, écouter du gospel, ou écrire ans mon journal. D’autres fois, c’est bénéfique se déconnecter des réseaux sociaux pour s’exposer au soleil pendant 15 minutes. Ce n’est pas grave si, lorsque vous commencez à poser cette question, vous vous sentez confus ou si vous avez l’impression qu’il n’y a pas de réponse. Continuez simplement à demander. C’est une pratique de connexion avec l’intuition. Si vous restez engagé, vous commencerez à obtenir des réponses.

« Que puis-je me donner maintenant ? »

5. Célébrez lorsque vous vous présentez : si nous n’étions pas reconnus, célébrés et vus pour l’individu unique que nous sommes, nous ignorerons rapidement la réalité de notre présence. Faire de la réparation parentale est difficile. C’est un travail. Reconnaissez le courage que cela demande. Possédez-vous vos progrès. Célébrez la personne que vous devenez.

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Un message à retenir

Nous portons tous l’enfant intérieur que nous étions autrefois – une partie de nous-mêmes souvent négligée ou cachée sous la surface. Ces enfants intérieurs aspirent à la reconnaissance et à la validation de la douleur qu’ils peuvent porter.

La reparentation, un processus de transformation, offre un chemin vers la guérison en fournissant l’éducation et la protection à laquelle votre enfant intérieur aspirait dans son enfance.

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Références
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